Synode des diocèses de Lille, Arras et Cambrai

Ne nous laissons pas
voler la joie
de la mission !

 

 Notre message, (…) c’est d’expliquer que la conquête du
monde ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse, c’est qu’un
Dieu aimé par nous et qui aime chaque homme le premier,
chaque homme puisse, comme nous, le rencontrer.

Madeleine Delbrêl, Ville marxiste terre de mission (1957)
Réédition Nouvelle Cité 2014, p.114

Nous venons de vivre une très belle expérience d’Église avec ce synode (ou concile) provincial des diocèses de Lille, Arras et Cambrai. Reste à en vivre, maintenant ! Cette assemblée a réuni des femmes et des hommes, et une proportion de jeunes supérieure à celle de beaucoup de nos groupes habituels. Et là, chacun a compris que l’important n’était pas de faire passer son idée, son point de vue, sa vision. Mais de s’écouter mutuellement, de laisser chacun s’exprimer en raison de son expérience de chrétien, pour discerner ensemble quelle est la volonté de Dieu pour son Église aujourd’hui. Ceux qui ont vécu cette expérience savent qu’ils ne la traduiront pas facilement en récit. Comme le concile Vatican II, on peut raconter quelque chose, mais cela ne dit pas tout. On pourrait suivre toutes les versions des textes, des expressions… On ne le fera pas, faute de temps peut-être, mais surtout avec le sentiment que cela ne dira pas la profondeur de l’expérience spirituelle vécue : se mettre à la disposition de l’Esprit de Dieu, lui faire confiance pour trouver le chemin du Seigneur et de nos frères. Les textes écrits et votés, acceptés finalement au terme de nombreuses relectures, veulent traduire ce mouvement qui nous porte au nom de Jésus-Christ à aller vers les hommes et les femmes de notre temps. C’est cet état d’esprit que nous cherchons à faire vivre. De là naîtront, dans nos trois diocèses, des nouveautés que l’on ne peut pas encore imaginer.

« Chaque Église particulière (= chaque diocèse) sous la conduite de son évêque est appelée à la conversion
missionnaire. (…) Pour que cette impulsion missionnaire soit toujours plus intense, généreuse et féconde, j’exhorte
chaque Église particulière à entrer dans un processus résolu de discernement, de purification et de réforme. »
« L’objectif de ces processus participatifs ne sera pas principalement l’organisation ecclésiale mais le rêve
missionnaire d’arriver à tous. »
Pape François,
La Joie de l’Évangile 2013, n°30 et 31.

L’attitude essentielle pour entrer dans ce dynamisme, dans ce mouvement, c’est de l’accueillir dans la prière. C’est de lire ces textes, de désirer les comprendre au plus profond de ce que le Seigneur a cherché à dire à l’Église à travers eux. N’allons pas trop vite à les décortiquer, à les critiquer, à les interpréter derrière nos grilles préétablies. Mais laissons-les agir, partageons ensemble ce qu’ils nous disent, ce qu’ils nous évoquent. Ne disons pas trop vite : ce n’est pas utile, ce n’est pas conforme, ce n’est pas nouveau, ce n’est pas malin…
Répétons-nous : qu’est-ce qui nous rendra plus missionnaires, autrement dit plus désireux de partager la richesse de l’Évangile à d’autres ? Qu’est ce qui nous rendra plus proches, au nom de Jésus-Christ, des frères et des soeurs que la vie met sur les mêmes chemins que nous ? Qu’est-ce qui favorisera au mieux la communion dans nos communautés chrétiennes, et entre elles ? Qu’est-ce qui entraînera nos communautés vers un partage des responsabilités en leur sein, une participation du plus grand nombre pour le bien de la mission ? Et pour cela, quelle est la proposition concrète ou l’innovation que nous pourrions mettre en oeuvre, dans notre paroisse, dans notre communauté, dans nos groupes d’Église, pour le vivre ? Ceci est une question pour les conseils et les équipes de chrétiens. Chacun, personnellement, peut aussi se dire : quelle serait l’attitude la plus adaptée, chez moi, pour accueillir ces décisions synodales ? Et où trouverons-nous la force d’alimenter cette énergie en nous ? Nous la trouvons au long des jours dans nos vies de baptisés, confirmés, participant à l’eucharistie du Seigneur, recevant de lui le pardon. Cette vie sacramentelle ordinaire des chrétiens est le lieu de la rencontre personnelle du Christ qui nous parle et parle à travers nous. C’est dans la prière, l’écoute de la Parole du Seigneur et l’eucharistie partagée au cours des assemblées du synode provincial que les participants ont trouvé la force et le goût de sortir à la rencontre du Christ et des frères. Qu’il en soit ainsi pour chacune de nos Églises diocésaines de Lille, Arras et Cambrai ! Et pour chacun de ceux qui cherchent à devenir “disciples-missionnaires” !

Dimanche 27 septembre 2015,
en la cathédrale métropolitaine Notre-Dame-de-la-Treille,

† Laurent Ulrich, archevêque de Lille
† François Garnier, archevêque de Cambrai
† Jean-Paul Jaeger, évêque d’Arras
† Gérard Coliche, évêque auxiliaire de Lille
† Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens,
résidant dans le diocèse d’Arras