Moines confinés ?

Les moines sont-ils des confinés permanents ? Leur mode de vie pourrait prêter à confusion.  En vérité, ils ont suivi un appel qui les entraine à une « distanciation sociale » (selon l’expression du moment), librement choisie pour ne « rien préférer à l’amour du Christ » et pour cela « le moine habite avec lui-même ».  Ni enfermement, ni confinement, mais ouverture sur un Ailleurs, à la Vie qui bat à l’intérieur de tout homme, dont ils tentent de témoigner comme un horizon de joie qui donne sens et saveur au quotidien.

« Ni enfermement, ni confinement, mais ouverture sur un Ailleurs, à la Vie qui bat à l’intérieur de tout homme, dont ils tentent de témoigner comme un horizon de joie qui donne sens et saveur au quotidien. »

Aujourd’hui, il nous faut transformer le quotidien en le faisant sien, l’adopter en lui donnant du sens, et tirer profit du moment comme d’un temps favorable de solidarité, de communion humaine et de renouvellement dans la foi et la vie intérieure. Expérience qui ouvre et éveille notre attention à tant de situations humaines dramatiques et insupportables auxquelles on devient plus sensibles.  S’arrêter devant le Seigneur, sur soi-même, lumière et vérité sur son comportement habituel. Faire le point, se remettre en question dans nos exigences et nos envies.

Le monastère est aussi confiné pour un temps. Pourtant la communauté ne célèbre pas seule ! Nous prenons plus fortement que nous sommes rassemblés dans la prière de l’Eglise au nom de tous et avec tous fidèlement portés dans la prière. Au lieu de nous couper du monde, cette solitude nous rend d’autant plus présents les sœurs et frères de la plaine et de la ville.

Il est vrai que le moine apprend peu à peu à simplifier sa vie et s’alléger de besoins superflus en se contentant du nécessaire pour faire place à l’amour du Seigneur Jésus qui peut enrichir notre existence et dilater notre cœur dans l’amour de nos frères.

Frère Marc-André Di Pea, père abbé de l’abbaye cistercienne du Mont des Cats à Godewaersvelde