Claire Nollet


Claire Nollet, aumônier à Oscar Lambret

Quel est le cœur de votre mission d’aumônier à l’hôpital ?

« C’est la rencontre. Rencontre humaine avec une personne unique, une histoire particulière, une histoire sacrée. J’essaye par ma présence d’être le signe discret de la présence de Dieu, d’un Dieu proche, qui prend soin de chacun, là où il en est. Dieu, à travers moi, veut dire au malade « Tu as du prix à mes yeux ».

 

La plus grande qualité à avoir ?

« L’écoute et l’attitude juste, qui ne sont jamais acquises ! C’est un travail de tous les jours. On apprend aussi l’humilité car nous n’attendons rien, nous sommes « au service de ». C’est un chemin inattendu, on ne sait jamais ce que va produire une rencontre. On sait juste pour qui on est là.

Quelque chose se joue dans la façon dont on arrive dans une chambre. Savoir recueillir la colère, la souffrance de personnes qui ont peut-être une image abîmée de l’Eglise ou de Dieu. Je suis souvent prise aux entrailles et je comprends mieux ce que miséricorde signifie. »

 

Ce qui vous émerveille ?

« Je suis émerveillée par la vie qui jaillit de ces rencontres et par la force des malades, jusqu’au bout. Quand je quitte une chambre, c’est une joie de repérer les signes discrets d’un relèvement, souvent non verbalisés (un visage qui s’apaise, un sourire, une personne qui se redresse dans son lit). Ces cadeaux sont une source d’action de grâce. Là, je me dis que le Seigneur s’est approché. »

 

Votre plus grande surprise ?

«  Les malades sont souvent en confiance et parlent facilement de choses très importantes de leur vie. Je ne suis plus la même qu’il y a cinq ans. J’ai été énormément déplacée par toutes ces rencontres. »

 

Une phrase de la Bible ?

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » (Isaïe 43, 4)

 

Propos recueillis par Tiphaine de Lachaise