25 juillet 2021 : Journée mondiale des personnes âgées

A l’occasion de l’Année de la famille, le pape a institué une journée pour les personnes âgées et les grands-parents. La première aura lieu le 25 juillet 2021, veille de la fête de sainte Anne et saint Joachim, parents de la Vierge Marie.

Nous avons rencontré Sœur Emmanuelle Duez-Luchez, supérieure des Filles de l’Enfant-Jésus et Myriam Jaupitre, reponsable de l’équipe « Santé des prêtres ». Elles nous parlent de la présence de l’Église dans les Ehpad et de l’importance du soin apporté aux personnes âgées.

Quelle est la situation des résidences pour personnes âgées dans le diocèse ?

Sœur Emmanuelle Duez-Luchez. Le diocèse compte une dizaine d’Ehpad d’inspiration chrétienne : congrégations religieuses, groupement des hôpitaux de la Catho, associations… Quel que soit leur statut, tous ces établissements sont sans but lucratif et accueillent des personnes chrétiennes ou non.

Que proposent ces établissements ?

Sœur Emmanuelle Duez-Luchez. Pour ceux qui le souhaitent, des temps de prière, chapelets, journées de récollection et célébrations sont proposés. Les horaires sont adaptés pour vivre ces propositions et les membres du personnel respectent les attentes des résidents : les conduire à la chapelle fait partie de leur travail.

Autres spécificités : ces maisons sont souvent abonnées à KTO et s’inspirent de la pensée chrétienne dans leur projet d’établissement. À l’Ehpad Natalie Doignies rue de Thionville par exemple, le projet présente une conclusion en 5 points appuyée sur l’encyclique du pape François Laudato si’ sur la sauvegarde de la création.

Enfin, autour du rite de la mort, un temps de prière est accordé pour toute personne qui décède. Mais si le défunt a manifesté son opposition, nous respectons ses volontés et ne mettons pas son corps dans la chapelle.

Qu’avez-vous observé pendant l’année qui vient de s’écouler dans les Ehpad ?

Myriam Jaupitre. Le confinement, surtout le deuxième, a été très difficile, pour les résidents comme pour le personnel soignant. Il a fait émerger qu’il n’y a pas que le soin qui compte… Ou plutôt que la vie spirituelle et la relation sociale font partie du soin.

“ La vie spirituelle et la relation sociale font partie du soin.”

À la résidence Notre-Dame-de-la-Treille, nous avons mis en place une permanence d’écoute hebdomadaire pour les prêtres âgés qui avaient besoin de parler. Ils ont fait face de manière remarquable à la situation.


Sœur Emmanuelle.
“L’homme ne vit pas seulement de pain” nous dit la Bible (Deutéronome). L’isolement des personnes âgées et les décès ont été traumatisants pour les soignants et résidents. Heureusement, l’ARS a soutenu les directions des Ehpad.

J’ai entendu une théologienne, Marie-Dominique Trébuchet, expliquer qu’en voulant protéger la santé à tout prix, on a séparé le vivant de l’humain. On a protégé la vie (biologique) au détriment de l’histoire de la personne (biographique). Les familles aussi n’ont pas pu terminer la vie de leur proche, comme si on avait coupé le fil de l’histoire…

Myriam Jaupitre. Oui, nous avons senti que les personnes âgées, privées de relations sociales, se laissaient mourir, alors que l’objectif était bien de leur sauver la vie.

Pourquoi est-ce important dans un diocèse d’avoir une présence dans ces Ehpad ?

Sœur Emmanuelle. Pour des personnes qui ont été pratiquantes et engagées dans des services d’Église, c’est important de pouvoir terminer leur vie dans un contexte qui les a portés.

Myriam Jaupitre. La liberté est primordiale : ceux qui recherchent un établissement doivent avoir le choix entre le public et le privé. Et puis l’Église est présente à tous les âges de la vie et porte une attention particulière aux plus vulnérables de notre société : c’est important qu’elle soit présente en fin de vie.

Propos recueillis par Tiphaine de Lachaise