Témoignage au lendemain de Pentecôte 2018

  • Mise en ligne : 22/05/2018
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Participant à la célébration diocésaine ce 20 mai 2018 à Lille Grand Palais, le père Jacques Leclerc nous partage son ressenti... Émotion garantie !

Assis sur le grand carré bleu des amis en fauteuils, j’y ai retrouvé la petite bande des ‘Compagnons de Jésus’ qui ont prêté ‘cœur fort’, comme d’autres ont prêté ‘main forte’, pour que la halle du Grand Palais devienne Cathédr’halle  d’un jour !

Arrivant d’un autre bout du monde, je ne m’attendais pas à ça. Là-bas des bruits courraient que même l’Eglise des Hauts de France avait un profil bas. J’ai vu un peuple qui désire recevoir et donner le Souffle de Dieu.

Ce Souffle était la très belle surprise de l’espace de célébration où la beauté n’était pas dans l’attendu mais dans l’inattendu. Hier, des siècles d’art sacré sont nés à nouveau « d’en haut » et nous ont donné comme à des Nicodème, de « voir le Royaume de Dieu » (Jean 3,3). 

Ce Souffle était sourire, embrassade, retrouvaille, étonnement comme à Jérusalem. Hier les Parthes venaient des Flandres, la Pamphylie était entre Lys et Deûle, la Cappadoce était jumelée à la Pévèle. Le Mélantois était le visage de la Mésopotamie, le Littoral celui de la Province du Pont, le Barœul celui de la Judée… Les Mèdes venaient des Antilles, les Elamites du Congo, les Juifs de naissance et les Romains étaient des natifs du Nord… et tous se étaient des Chti d’Eglise !

Ce Souffle avait bras et mains. Je les voyais se lever au dessus des têtes pour dire « Oui, je le crois » et «  Oui, nous le voulons »… Oui qui ? Oui quoi ? 0ui pour suivre Jésus dans une vie d’Evangile ; oui pour être demeure d’Esprit du Père et de Cœur de Frère. Devant moi une jeune femme en fauteuil chantait des mains, elle qui ne pouvait pas parler. Et son chant de mains était la danse de son âme, comme les filles des Bleuets qui invitaient à revêtir le noir de nos vies de la cape d’or de l’amour. J’étais proche d’un jeune homme qui avait les yeux fixés sur les deux amies qui savaient lui parler sans son, et se relayaient pour qu’il entende des yeux toutes les lectures, les prières et l’appel  de notre Evêque à la ‘conversion missionnaire’. Ma voisine Charlotte avait une telle réserve de joie et de Souffle qu’elle en pleurait parfois puis en applaudissait et en riait à temps et contre temps d’Esprit.

Ce Souffle avait du souffle.  On m’avait dit que l’Eglise d’ici était toute vieille en cheveux blancs. Elle était hier de tout âge du berceau au collège, du lycée au jeune-pro, des papas-mamans aux papis-mamies… L’Eglise portait cravate et T-shirts, baskettes et talons aiguilles, pantalons courts à la mode et robes d’été, jeans de l’ordinaire des jours et chemises blanches du dimanche … mais tous semblaient habillés et habités par l’Esprit de Dieu.

Ce Souffle s’est fait litanie des prénoms … chant et musique… liturgie… Il en est devenu sacrement de Dieu reçu en Eglise sur la Terre du Nord. Amen Alléluia !

Ce Souffle était dans le don si particulier de la nature et de la culture, fait aux ‘Gens du Nord’, de savoir organiser pour servir la communauté. Les habits liturgiques étaient des aubes blanches et des foulards bleus, des étoles rouges et des brassards oranges, des chasubles or et des T-shirts ‘sécurité’. Les servants d’autel était visibles dans les processions et à l’autel mais ils et elles étaient invisibles et silencieux au milieu des 10 000. Mais tous servaient à l’autel de notre communion d’Eglise. Serviteurs silencieux pour que seules la Parole de Dieu, la prière et la joie retentissent. Femmes et hommes du bas du podium, un immense merci !

Lundi 21 mai 2018

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P. Jacques Leclerc du Sablon

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