Gérard, ancien détenu

  • Mise en ligne : 16/11/2017
Main prison

Témoignage à l’occasion de la journée nationale prison (20-26 nov)

Parcours de Gérard C.,
qui a connu l'incarcération

et réaction du père Antoine HEROUARD,
évêque auxiliaire de Lille


Voici un extrait d'un témoignage reçu par l'aumônerie des prisons à la suite d'une réunion des « Invités aux célébrations » le 30 mai 2017.


Gérard aura vécu 3 années en prison et connu plusieurs établissements : Dunkerque, Sequedin, Douai et enfin Annœullin. Les conditions de vie sont diverses : la prison de Dunkerque est de petite taille et calme comparée à celle de Sequedin, « prison industrielle » très bruyante.

Mais Gérard se dit heureux en prison.

Tout d'abord, on peut y faire beaucoup de choses : suivre des cours de français, s'initier à l'informatique, se former à la création d'entreprise, apprendre à jouer aux échecs, pratiquer les arts plastiques, comme la sculpture sur savon, participer à la rédaction d'un journal des détenus.

Gérard change son regard sur les Algériens, Tunisiens, Marocains grâce à Mustapha qui l'aide et le conseille dans sa correspondance avec son épouse. Il constate ainsi que beaucoup de personnes peuvent aider : les détenus eux-mêmes, les visiteurs de prison, les aumôniers et les membres de l'aumônerie, le service « Prison et Justice » du secours Catholique qu'il découvre et auquel il participe en réalisant des illustrations pour sa revue.

Lui-même s'efforce d'aider et de se faire le bon samaritain auprès de plus malheureux que lui comme Miche exclus et rejeté par tous en raison du motif de sa condamnation, ce qui lui vaut à son tour des menaces au point qu'un gardien doit l'accompagner lorsqu'il va en promenade ou au parloir. Il a ainsi pu apprendre lui-même à pardonner. Enfin, grâce à l'aumônerie, il a appris à prier et, dit- à se libérer de Satan comme les malheureux  qu'il  côtoie  et  qui  se disent  « possédés » avec  parfois  des  envies  de  meurtre, notamment les condamnés à des longues peines qui n'ont jamais un sourire. Il a pu participer à de belles messes, rencontrer les évêques, Mgr Ulrich, Mgr Garnier. Il a pu lire la Bible et mieux connaître Dieu. Il prie le chapelet...

Le Père HEROUARD réagit

La prison est un lieu de souffrance où se vivent de belles choses : amitiés, confiance, chemins de pardon. Le temps de l'incarcération est un temps où l'on peut réfléchir à sa vie et sa dimension spirituelle. Car l'Esprit Saint est à l'œuvre dans ce lieu où ily a beaucoup de pauvres dont la vraie richesse est spirituelle.

C'est aussi un lieu où les mots employés par l'Eglise ont un poids particulier. A ces frères et sœurs dans la souffrance, l'Eglise doit leur dire que l'Amour de Dieu et son pardon leur sont offerts. Cela suppose beaucoup d'humilité, de vérité et de prière de la part des intervenants pour que leur action soit la plus ajustée possible.

Découvrez le témoignage complet

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