Semaines sociales de France (SSF) : une école du débat

  • Mise en ligne : 30/08/2019
SSF grand

Rencontre avec Dominique Quinio, présidente des Semaines sociales de France (SSF), à l'occasion de la session des 16 et 17 novembre 2019, à Lille, sur le thème "Refaire société : comment inventer des liens dans une France fracturée".

RDV- Dominique Quinio RDV- Dominique Quinio  

Quel regard portez-vous sur le contexte social de notre pays ? 

La crise des gilets jaunes a révélé des inégalités existantes depuis longtemps, liées au pouvoir d’achat, au manque de reconnaissance, aux fractures territoriales... Ce qui frappe, c’est de voir à quel point les réseaux classiques de mobilisation se sont délités : les partis politiques, les syndicats, la famille... Y compris toute la matrice catholique. Nous constatons des colères, mais aussi de la haine. La colère peut se comprendre, comme moteur de la mobilisation et de l’engagement. Mais la violence destructrice est stérile.

Quelle réponse chrétienne apporter ?  

Cette actualité nous enseigne l’urgence de trouver un sens à ce que les gens vivent. Beaucoup de français ne trouvent plus de projet de vie qui les anime. Chacun se referme sur son petit univers, faute de pouvoir espérer quelque chose de plus grand. La pensée sociale de l’Eglise permet justement de définir une espérance commune, de faire progresser l’ensemble de la société avec le souci des plus fragiles, des perdus, des oubliés...  

Comment les Semaines sociales participent-elles à ce vaste chantier ? 

Les gens ont besoin d’être écoutés, d’être pris au sérieux. C’est ce que nous avons toujours voulu faire aux SSF pour construire nos propositions. Nous sommes une école du débat : notre rôle est de faire mûrir chez les personnes engagées une réflexion qui veille à protéger à la fois la liberté individuelle et le bien de tous, en particulier des plus faibles. Nous cherchons à établir des diagnostics, à les éclairer par les grands principes de l’enseignement social chrétien que sont le respect de la dignité de chacun et la défense du bien commun, et à faire jouer ces deux valeurs ensemble.   

Cette pensée relève-t-elle du domaine politique, au sens partisan du terme ?  

L’enseignement social chrétien a une dimension éminemment politique, mais au sens le plus noble du terme : celui qui permet d’éclairer les consciences de chacun et de préserver la paix entre les citoyens. Les SSF sont nées dans un contexte de déploiement industriel, avec l'objectif de protéger la dignité des travailleurs. Aujourd’hui, l’idée d’une économie au service de l’homme est toujours présente, mais la question sociale s’est élargie à des dimensions plus sociétales touchant à la vie de la cité : écologie, bioéthique... 

Propos recueillis par Alain Cardinaux 

 

 

Les semaines sociale à lille

La prochaine rencontre nationale des SSF se tiendra à Lille, les 16 et 17 novembre 2019, sur le thème :"Refaire société : comment inventer des liens dans une France fracturée".

Ce thème se déroulera sur deux ans. Cette année pour l'acte I, il s'agit de comprendre nos fractures sociales. Plusieurs événements en divers points du territoire français, avec des "angles d'attaque" variés et adaptés aux réalités locales doivent être organisés, avant le grand rendez-vous de Lille.

Monseigneur Ulrich, archevêque de Lille, fera partie des intervenants, de même que Pierre Giorgini, Président-recteur de l’Université catholique de Lille.

Pré-programme, liste des ateliers en France, vidéos, émissions de radios et autres documents en lien avec le thème de la cohésion et de la fracture sociale, disponibles sur le site des SSF.

 

 

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