« Ce que je crois » de Sylvain Mas

  • Mise en ligne : 13/11/2017
S Mas EDC

Président des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC) Nord - Pas de Calais

Témoignage du 10 septembre 2017

Alors qu’il assume la présidence des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) du Nord - Pas de Calais depuis un an, Sylvain Mas s’attarde sur la Pensée Sociale Chrétienne. Il nous livre son Credo pour les EDC.

  • Comment définissez-vous les EDC ?

Le mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens n’est pas un réseau d’affaires, et on n’est pas membre des EDC pour rejoindre une tendance politique quelle qu’elle soit. Nous sommes membres des EDC pour réfléchir ensemble, prier ensemble et construire ensemble sur la base de la Pensée Sociale Chrétienne et ses 6 principes : bien commun, subsidiarité, partage et solidarité, participation, destination universelle des biens, dignité de la personne.  Il n’y a pas de petits et de grands entrepreneurs et dirigeants, nous devons rester humbles, en recherche, et accueillir tout le monde.

  • Quels objectifs vous êtes-vous assigné en tant que président de la région EDC ?

Comme président de la région EDC Nord - Pas de Calais, je souhaite mettre mes qualités au service du bien commun. Mes idées ne sont pas forcément les meilleures, mais je veux contribuer à dynamiser le mouvement. Je me suis d’ailleurs entouré d’un bureau dévoué, avec la participation active du Père Daniel Binauld, conseiller spirituel régional, et de Francis Salembier, délégué régional. Ce travail commence à porter ses fruits depuis les dernières Assises nationales du mouvement qui ont eu lieu à Lille en mars 2016. Avec l’aide précieuse de Jérôme Gayet, qui a rencontré de nombreux entrepreneurs et dirigeants intéressés, sans leur forcer la main, nous avons augmenté et rajeunis le nombre de nos membres pour arriver à 150 aujourd’hui.

  • Quelles peuvent être les motivations pour adhérer aux EDC ?

Les gens sont en recherche de sens, pas seulement les jeunes, et se posent des questions sur le travail, la révolution numérique, le transhumanisme, etc. Ils recherchent autre chose. A l’époque de la tyrannie de la performance, les personnes fragiles en particulier nous font avancer, et le fait d’aller vers eux nous confronte à nos propres fragilités, ils deviennent de vrais amis, pas des exclus. On renverse la tendance. Car je suis persuadé que c’est en mettant l’humain au cœur de l’entreprise plutôt que l’économie pure et dure, qu’on va la pérenniser.

  • Que mettez-vous personnellement derrière la Pensée Sociale Chrétienne ?

Si on a des valeurs humaines dans les tripes, on ressent le besoin de les mettre en œuvre pour mener une vie qui a du sens. Et si nous arrivons à faire comprendre qu’au fond de nous, il y a de véritables valeurs, que nous développons ensemble, alors nous allons transformer nos entreprises ! En France, une grande partie des entrepreneurs et dirigeants sont favorables à la Pensée Sociale Chrétienne sans le savoir. C’est pourquoi, je me méfie du décalage entre la pratique religieuse et la manière de conduire son entreprise : certains non-pratiquants sont parfois meilleurs que d’autres qui pratiquent. D’où l’importance de notre témoignage. Ce qui m’anime, c’est de rallier les hommes de bonne volonté, non pas d’abord par notre pratique religieuse, mais par nos valeurs humaines. Il faut être juste par rapport à son expérience de vie, c'est un chemin étroit.

  • Oui, mais dans EDC, il y a Chrétien : qu’est-ce qui fait la différence ?

Bien sûr, il y a un plus. Et ce plus, c’est notre foi chrétienne. C’est aussi l’Evangile que l’on se doit de lire, méditer et appliquer tous les jours au cœur de nos entreprises. Le plus, c’est enfin et surtout l’exemple du Christ lui-même et son modèle durant toute sa vie sur notre terre. Ce qui est important, c'est ma relation au Dieu vivant dans ma vie concrète de tous les jours. Je prône la pratique d'une foi au Dieu présent au milieu de nous par distinction de la pratique d'une religion.

  • Pour revenir à la Pensée Sociale Chrétienne, comment la mettre en pratique aujourd’hui ?

Avec les encycliques, de Rerum Novarum (Léon XIII) à Laudato Si’ (François), nous avons des guides précieux. Mais nous avons aussi des témoins qui ont marqué leur époque. J’en veux pour preuve dans notre région l’exemple de Philibert Vrau, industriel de la fin du XIXème siècle, dont on dit qu’il arrivait le premier à l’usine le matin et qu’il voyageait en 3ème classe. Il a fait énormément pour l’église en contribuant à créer l’université catholique et en apportant son soutien à la construction de la cathédrale de Lille, l’Icam et les conférences Saint-Vincent-de-Paul. Certes, nous n’allons pas refaire la même chose, mais c’est à nous d’inventer notre contribution à la Pensée Sociale Chrétienne du XXIème siècle.

  • Qu’est-ce qui vous paraît le plus important dans les principes de la Pensée Sociale Chrétienne ?

Selon moi, le plus important c’est de respecter la personne en raison de sa dignité de l’homme, c’est-faire en sorte que toutes les personnes aient une vie digne. Cela passe par le fait de remettre de la bienveillance dans l’entreprise, à travers toutes les questions qui touchent les collaborateurs : emploi, bien-être, solidarité, conditions de travail, écoute, accompagnement... Ce qui m'importe, c'est le respect de la personne dans son intégrité. D’ailleurs, à côté des violences qui sévissent parfois en entreprise, je constate souvent qu’il y a des petites fleurs qui éclosent…

  • Quel serait votre souhait le plus cher à l’issue de votre mandat de président ?

Que tout soit véritablement en marche pour favoriser la recherche de sens des entrepreneurs et dirigeants chrétiens, en visant par-dessus tout la dignité de l’homme. Celle-ci est indispensable dans notre monde où les progrès technologiques vont de plus en plus vite et où trop de gens sont néanmoins encore bafoués.

 

Propos recueillis par Philippe Pelzer

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