Ordinations presbytérales 2014

  • Mise en ligne : 29/06/2014
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Dimanche 26 juin 2014, homélie de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, en la fête des saints Pierre et Paul, en Cathédrale Notre-Dame de la Treille.

Découvrir le reportage photos de l'ordination, réalisé par François Richir

L'ordination en vidéo, avec l'interview des nouveaux prêtres

    Ce qui arrive à Pierre dans la première lecture c’est une sorte de nouvel appel, une sorte de nouvelle vocation. Il ne se rend pas compte de ce qui lui arrive. Il ne comprend pas et il ne voit pas que ce qui est en train de se passer est vrai. Et à la fin de la lecture nous avons entendu que Pierre tout d’un coup dit qu’il se rend compte que bien sûr c’était le Seigneur lui-même qui le tirait de la prison où il avait été jeté et qui l’introduisait sur un nouveau chemin de mission. On ne se rend pas toujours compte de ce qui arrive et les quatre hommes qui sont ici devant nous ont probablement mis du temps – et quand je dis « probablement » c’est certainement, j’en suis sûr, je le sais – à comprendre ce qui leur arrivait. Ce n’est pas d’un coup que la vocation est née chez eux, on l’a entendu dire tout à l’heure, mais progressivement ils ont lu et compris que le Seigneur se présentait à eux d’une façon inattendue et imprévue. Ils ont discerné avec l’aide de l’Esprit Saint et les multiples concours qui leur ont été assurés au long de ce chemin où était cet inattendu et cet imprévu de Dieu.

    Dans la deuxième lecture saint Paul dit qu’il a combattu le bon combat, qu’il est resté fidèle, mais que, quand il a présenté sa défense, la première fois, personne ne l’a soutenu. Le Seigneur seul – le Seigneur seul l’a accompagné ; le Seigneur seul l’a soutenu. Quand Dieu envoie en mission Il donne une force pour annoncer l’évangile. La force reçue est faite pour cela, elle est faite pour l’annonce de l’évangile. C’est une vraie force qui ne disparait pas. Elle est toujours là. Je sais que ces quatre hommes qui sont là ont découvert que l’inattendu et l’imprévu de Dieu les a conduits à comprendre que la force dont ils étaient investis c’était une force faite pour l’annonce de l’évangile. Là est le point focal, annoncer l’évangile. Je le dis pour nous, évêques, prêtres et diacres qui êtes ici : la force que nous avons reçue, elle est faite pour cela. Les années de ministère peuvent nous fatiguer, mais ce don et cette force ne s’émoussent pas. Et vous le constatez, vous, frères, vous savez bien que même pour des prêtres âgés et malades, des diacres qui ont dû cesser le ministère actif, des évêques aussi, la force de Dieu continue d’agir chez eux d’une autre façon, avec le seul goût et le seul désir d’annoncer l’évangile, de toutes les façons ! Il n’y a pas d’âge pour cela !

   Et enfin l’évangile que nous avons entendu : « Tu es le messie, le fils du Dieu vivant ». C’est cela, bien sûr, qui constitue le fond. Aller jusque là, être capable d’attester que la foi au Christ vivant, présent, au milieu de nous, accompagnant chacune des vies, cela est le terme, l’accomplissement de toute annonce de l’évangile. Cette phrase : « Tu es le Fils du Dieu vivant », elle n’est pas à toutes les pages de l’évangile, nous ne la disons pas toutes les cinq minutes, bien sûr, mais toutes les pages de l’évangile y conduisent et tous les instants de nos vies et de nos ministères y conduisent, même si l’explicite de cette formule ne vient pas sur nos lèvres en permanence.

  Voilà trois moments choisis par notre Eglise pour la liturgie de cette fête des saints Pierre et Paul qui disent très précisément le chemin d’une vocation à un ministère dans l’Eglise. Disons-le autrement et clairement. Votre ministère est fait pour déceler, et pour montrer et pour discerner et pour faire découvrir, à vous frères et sœurs, et à bien d’autres, l’imprévu de Dieu dans vos vies, dans nos vies. Le travail de discernement, le travail d’accompagnement d’un certain nombre d’hommes et de femmes pour qu’ils découvrent où est le chemin qu’ils peuvent vivre pour s’accomplir, pour vivre dans l’amour, pour donner leur existence, cela est un vrai travail de notre ministère. Les prêtres n’ont pas le monopole de ce travail-là, bien sûr, mais ils l’exercent parce qu’ils ont la certitude et l’assurance que c’est la mission de l’Eglise d’aider les hommes et les femmes à découvrir Dieu présent dans leur existence, dans l’imprévu des circonstances.

    Deuxièmement notre ministère est un ministère d’encouragement dans les difficultés. Paul dit que seul le Seigneur l’a soutenu. Personne… Tout le monde l’avait abandonné. Eh bien le ministère est aussi celui d’accompagner des personnes qui ont le désir d’être fidèles au Christ, qui ont le désir de donner quelque chose de leur vie, et peut-être toute leur vie, qui ont le désir d’approfondir la relation avec le Seigneur dans la Parole de Dieu, dans la prière, dans l’engagement de service des hommes, dans le don de soi-même, et ce chemin-là est parfois un chemin difficile, contrariant. Il y a besoin d’accompagnateurs, il y a besoin de soutien, il y a besoin de personnes capables d’encourager, il y a besoin d’initiateurs, il y a besoin de priants. C’est le ministère des prêtres de vivre cela. Ils n’en ont pas le monopole non plus, mais ils le font au nom de l’Eglise, parce qu’il s’agit d’accompagner les chemins de fidélité au Seigneur.

     Et puis l’évangile. Permettre à quelqu’un de dire : l’amour dont tu cherches à vivre - l’amour et sa source - ils ne sont pas loin de toi, ils sont dans ta bouche et dans ton cœur, dit le Deutéronome, ils ont un nom, c’est Jésus, Christ, Fils de Dieu, vivant, sauveur, révélé par l’Esprit Saint, Ce ministère d’attestation de la foi, il est le nôtre, frères et sœurs, le ministère des prêtres bien sûr, mais ils n’en ont pas le monopole non plus, ils l’exercent ce ministère pour que tout homme croyant puisse dire : « Je crois Seigneur, Tu es la vie ! » ; pour que chaque homme, chaque femme qui chemine puisse affirmer de sa foi, de sa bouche et de son cœur que le Seigneur est son Sauveur.

   Pour vous, frères et sœurs, qui êtes du diocèse de Lille ou du diocèse d’Arras et de celui de Cambrai, c’est bien le projet de notre synode provincial ! C’est de permettre que chacun dans l’Eglise avec le soutien du ministère de ceux qui ont reçu mission, puisse être capable de nourrir l’envie intérieure d’aimer le Seigneur et de le faire aimer.

  Dans toutes les circonstances où l’on découvre l’imprévu de Dieu, les circonstances contrariantes où on a besoin d’être soutenu, les circonstances de la fidélité où l’on est accompagné, voilà ce que nous désirons que nos trois Eglises diocésaines vivent : renouveler en elles le désir d’aimer le Seigneur et de le faire aimer, et nous, prêtres, vous trois, et Pierre-Hieu aussi à travers le ministère du diaconat qu’il va recevoir le préparant à celui du presbytérat, nous prêtres de toutes les générations, nous voulons le vivre ensemble avec vous et pour vous au service de l’évangile et du Seigneur.

 

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