Ordination de frères dominicains

  • Mise en ligne : 02/07/2017
ordinations dominicains

Homélie de Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille

13ème dimanche ordinaire,
2 juillet 2017

Cathédrale Notre-Dame de la Treille

 

    Mes amis qui allez être ordonnés diacres ou prêtres dans quelques instants et vous tous, écoutons bien la parole que nous venons d’entendre dans l’évangile : « celui qui accueille un prophète en sa qualité de prophète …» Voilà cette invitation que Jésus nous fait et qui nous fait retourner à la première lecture dans laquelle nous voyons un couple sans enfant accueillir un homme de Dieu : discerner, être capable de discerner dans cet homme qui vient régulièrement l’homme que Dieu envoie, certainement pour annoncer cette promesse de la part de Dieu qui nous est rapportée, et surtout pour être témoin de ce que Dieu veut donner aux hommes. Être capable de discerner au cœur de l’humanité que nous formons cette présence du Seigneur, voilà ce à quoi nous invite l’évangile et nous avait acheminés cette première lecture. Être capables de dire que au cœur de vos vies, de vos vies d’hommes, qui vous engagez à la suite du Christ – pour les futurs diacres, ayant promis tout à l’heure le célibat - et pour vous ensemble tous les sept, promettant de vivre le ministère de l’évangile que le Christ va vous confier, discerner dans vos vies d’hommes cette présence du Christ qui vous a appelés, c’est ce que vous avez fait jusqu’à présent et qui vous conduit à ce jour. C’est ce à quoi nous sommes tous invités les uns et les autres à faire.

   Dans l’évangile nous avons entendu cette triple formule qui est difficile à entendre : « Il n’est pas digne de moi celui qui…aime son père et sa mère plus que moi, aime son fils ou sa fille plus que moi, et renonce à prendre sa croix ». Bien sûr ce balancement, ce triple balancement rhétorique, pour que l’on ne l’oublie pas introduit cette formule positive, belle, «  à cause de moi ». C’est « à cause de moi » que vous choisissez la vie que vous choisissez. C’est « à cause de moi » ou, suivant les traductions, suivant le grec lui-même, « en faveur de moi » ou « par amour de moi », même si cette formule « à cause de moi » a besoin aussi d’être entendue telle quelle. Il y a quelques années Monseigneur Doré avait intitulé le livre qui revenait sur les années de sa vie, de son ministère de prêtre, de théologien, et d’évêque, en intitulant ce retour, cette relecture de sa vie : «  A cause de Jésus »… C’est bien « en faveur de lui », par « amour de lui », « à cause de lui » que vous êtes là aujourd’hui. Cela ne signifie évidemment pas que les affections humaines doivent disparaître mais qu’elles sont mises en perspective. La première des affections que vous avez elle est pour le Christ, et toutes les autres, toutes celles que vous avez à vivre, tous les attachements que vous pouvez vivre, toutes les façons d’être avec les autres, toutes les fraternités que vous voulez vivre ne prennent sens que dans le lien et l’attachement à lui. Vous le savez, vous l’avez déjà choisi et vous continuez de le choisir jour après jour dans votre existence. Cela ne vous dispense évidemment pas de continuer le chemin à cause de Jésus.

   Cela peut se faire à travers des épreuves, mais surtout à travers l’inconnu de ce à quoi vous vous êtes préparés. Voilà comment vous pouvez apercevoir, et nous pouvons apercevoir dans ce chemin que vous vivez aujourd’hui, qu’il n’y a pas de choix de Jésus, de choix en faveur de lui qui ne soit en même temps comme l’a dit un commentateur de l’évangile de Matthieu, : un choix intime de Jésus  ne peut se faire sans nous exposer à une « aventure périlleuse avec lui ». Mais en même temps le fait de se mettre aux ordres de Jésus ne peut se comprendre que s’il y a un choix intime et personnel de « perdre sa vie ». Voilà ce qui vous est proposé, de mettre en balance votre propre vie avec ce que le Seigneur vous offrira.

   Comme frères dominicains déjà engagés dans la vie religieuse et ayant déjà manifesté l’intime de votre choix par les engagements que vous avez déjà prononcés, vous savez qu’en recevant aujourd’hui le ministère de diacre ou de prêtre vous mettez en pleine lumière que cet engagement profond que vous avez vécu vous ouvre, vous met sur le chemin d’une aventure que tout le monde pourra voir, vous met dans le théâtre d’une certaine façon d’une vie publique qui s’expose pour Jésus. Cela va se vivre à travers les gestes essentiels du ministère que vous recevez. Cela va se vivre très profondément à travers l’évangile que vous allez annoncer dans la prédication qui est propre de votre vocation, la prédication vécue de toutes sortes de façons, inattendues jusqu’à aujourd’hui probablement, dans bien des manières, dans bien des formes diverses.

  Dans le ministère des sacrements aussi. Vous m’avez dit combien vous saviez que ce ministère sacramentel était attendu des hommes et des femmes que vous connaissez, que vous avez déjà rencontrés, et évidemment vous le supposez aussi attendu de tant d’hommes et de femmes que le chemin de la vie vous fera rencontrer. Le ministère sacramentel avec les préparations qu’il suppose, les catéchèses par lesquelles nous sommes introduits en cette vie sacramentelle, des catéchèses préparatoires, et des catéchèses qui  suivent, mystagogiques, comme on dit… Elles sont nécessaires, elles sont attendues, dans un monde qui ne comprend pas immédiatement le mystère du Christ présent dans la vie des hommes. Et il est essentiel ce ministère, et cette catéchèse.

  Vous le vivrez aussi, vous le savez, dans les multiples services que, bien sûr, vos assignations successives vous feront vivre, mais aussi dans le service du peuple de Dieu que vous rencontrerez dans les Eglises locales, dans les diocèses, au service desquels vous serez peut-être mis directement ou indirectement. Et cela aussi est important et nous en avons parlé ensemble. Vous savez que le peuple de Dieu ne se fractionne pas, il n’est pas simplement celui que l’on approche chacun mais celui que toute l’Eglise approche, celui que toute l’Eglise par son ministère rencontre, et vous avez hâte, évidemment, chacun, d’être mis au service de ce peuple de Dieu que vous aimez à cause de Jésus.

  Et vous vivrez bien sûr encore ce ministère à travers la prière permanente pour tous ceux que Dieu aime, et en cela vous serez simplement des imitateurs de votre père saint Dominique qui n’oubliait pas de prier pour tous les pécheurs que nous sommes, pour tous ceux que Dieu met sur la route, pour tous ceux qui cherchent, pour tous ceux qui ne savent pas, pour tous ceux qui attendent et ne discernent pas encore la présence du Christ au milieu d’eux. Que le ministère que vous recevez aujourd’hui soit vraiment un début pour vous ! Il y a déjà eu bien des débuts ans vos existences, mais aujourd’hui c’est une ouverture extraordinaire qui vous est faite d’une confiance que vous manifestez dans le nom de Jésus. Qu’il soit pour vous et pour chacun de nous, le Sauveur que le monde attend !

 


13ème dimanche ordinaire, 2 juillet 2017

LITURGIE DE LA PAROLE

1ère lecture du 2ème livre des Rois 4, 8-11.14-16a

   Un jour, le prophète Élisée passait à Sunam ; une femme riche de ce pays insista pour qu’il vienne manger chez elle. Depuis, chaque fois qu’il passait par là, il allait manger chez elle.    Elle dit à son mari : « Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu.    Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer. »    Le jour où il revint, il se retira dans cette chambre pour y coucher.    Puis il dit à son serviteur : « Que peut-on faire pour cette femme ? » Le serviteur répondit : « Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est âgé. »    Élisée lui dit : « Appelle-la. » Le serviteur l’appela et elle se présenta à la porte.    Élisée lui dit : « À cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras. »

Psaume 88

Tu es sa force éclatante ;
ta grâce accroît notre vigueur.
Oui, notre roi est au Seigneur ;
notre bouclier, au Dieu saint d’Israël

2ème lecture de la lettre de saint Paul aux Romains, 6, 3-4.8-11

   Frères,    ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.    Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.    Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.    Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.    Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.    De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, 10, 37-42

  En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres :    « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;    celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.    Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.    Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.    Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.    Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

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