Ordination de Damien Bindault

  • Mise en ligne : 25/06/2017
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Homélie de Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille

Dimanche 25 juin à 15h30


Cathédrale Notre-Dame de la Treille
 

   Damien, et vous tous qui êtes dans cette assemblée, autour du Christ, à l’appel du Christ, et avec Damien au moment de son ordination sacerdotale, vous avez peut-être été un peu inquiets à la lecture de l’évangile que nous venons d’entendre, d’écouter Jésus dire trois fois de suite : « Ne craignez pas », et une autre fois : « Craignez plutôt celui qui pourrait vous faire aller dans la géhenne, l’enfer ». C’est que ces quatre verbes n’ont pas exactement le même sens. Quand ils sont au négatif : « ne craignez pas » ça veut dire : « n’ayez pas peur ! », et vous reconnaissez là la parole de Jean-Paul II il y a trente neuf ans quand il est devenu le pape : « Ne craignez pas ! » « N’ayez pas peur du monde dans lequel vous êtes ! N’ayez pas peur des hommes, n’ayez pas peur des persécuteurs, n’ayez pas peur d’annoncer la parole de Dieu.» Et quand il est au positif : « Craignez plutôt… », cela veut dire : « ayez confiance en celui qui appelle, en celui qui fait venir à lui, en celui qui désire que l’évangile soit annoncé à tout homme. »

   A qui s’adressent ces impératifs de Jésus, « ne craignez pas… » et « craignez plutôt… » ? Vous l’avez entendu dans la première phrase de l’évangile, Jésus s’adresse aux apôtres. Aux douze ! Aux douze qu’il vient de choisir, tout au début du chapitre 10 que nous sommes en train de lire, ces dimanches-ci. Il en a choisi douze, et il les a envoyés avec des recommandations. Il leur a donné des ordres et des conseils, et dans ces ordres et ces conseils il y a ce que nous venons d’entendre.

  Et Jésus fait référence, se rapporte, dans la pensée au moins même si ce n’est pas explicité, au texte de Jérémie que nous venons d’entendre : Jérémie qui se plaint d’être entouré de gens qui lui veulent du mal, parce qu’il dit la parole de Dieu. Jérémie est conscient, et Jésus est conscient, qu’annoncer la parole de Dieu peut mettre en face d’obstacles considérables au cours d’une vie, des obstacles qui vont de l’indifférence à la persécution et à la mort violente.

  Evidemment aujourd’hui au milieu de cette fête de l’ordination de Damien ça ne paraît pas très indiqué de dire d’abord les difficultés. Ça n’est peut-être pas très engageant, je vois ici des jeunes qui se disent : « Et si c’est ça, ce n’est pas bien la peine d’être appelé ! » Mais écoutons bien la parole de Dieu qui nous est offerte aujourd’hui. Le réalisme devant les soucis et les difficultés de l’existence et d’une existence consacrée au Seigneur n’empêche pas d’abord de considérer la joie qu’il y a de se mettre au service parce qu’il y a une vraie confiance ; et c’est la clé, la clé de la porte que Damien a déjà ouverte sur le chemin qu’il a déjà entrepris en répondant à l’appel du Seigneur. La clé, c’est la confiance.

  Deux phrases au moins de l’évangile que nous venons d’entendre manifestent cette confiance : « Vous valez bien mieux qu’une multitude de moineaux » et Dieu s’occupe des moineaux ! Dieu fait attention à la création tout entière qu’il a faite, qu’il maintient en vie dans sa main, qu’il aime ! Alors notre vie à nous, et la vie d’un serviteur de Dieu, la vie d’un diacre qui veut devenir prêtre, cette vie là est naturellement encore beaucoup plus précieuse aux yeux de Dieu. Celui qui s’engage a raison de faire confiance à Dieu qui s’occupe de toutes ses créatures, à Dieu qui désire faire grandir l’annonce de l’évangile grâce à ceux qu’il choisit, les douze, les apôtres et toutes sortes d’autres disciples à leur suite, comme sont les prêtres. Et puis il y a cette deuxième phrase qui conclut l’évangile que nous venons d’entendre, - elle est prononcée par Jésus et elle est un engagement ferme de Jésus : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, je me prononcerai pour lui devant Dieu », avec une insistance supplémentaire en disant : « et celui qui me reniera, je le renierai », mais c’est simplement une insistance, c’est une façon de rajouter dans la confiance que Jésus fait à ceux qu’il choisit d’être essentiellement consacrés pour parler de lui, pour le manifester, pour montrer qu’il est là, au cœur de la vie, au cœur du monde, au cœur de l’aventure de l’Eglise, au cœur de l’évangile qu’il s’agit de révéler.

  Alors c’est avec cette confiance que Damien est parti. Il a répondu à l’appel dont on a entendu parler au début de cette célébration par le Père Garin et par l’équipe d’accompagnement. Damien a accepté d’écouter la parole qui lui était adressée : « Parle, ton serviteur écoute ! » mais Damien, tu as dit cela en répondant à des questions que tout le monde se pose au moment de l’ordination d’un jeune homme, d’un homme jeune qui va être prêtre, on se dit : « Que va-t-il faire, que va-t-il faire dans cette forme de vie, pourquoi répond-il ? » Cela intrigue. Et tu as répondu il y a quelques jours, disant à peu près ceci : « A un moment de ma vie je refusais tous les services que l’on me proposait, et puis un jour j’ai décidé de répondre « oui », et cela a changé ma vie, parce que cela m’a mis en contact avec énormément de personnes que j’ai trouvées extraordinaires, et ces rencontres ont fait monter en moi la qualité humaine et spirituelle de ma vie ». Tu as dit cela à peu près dans ces termes là. Voilà la promesse que Jésus t’a faite, que Jésus nous a faite à nous qui avons répondu chacun à notre façon à son appel, à nous qui avons décidé de faire que l’annonce de Jésus au milieu du monde serait notre raison de vivre, à partir du moment où nous avons dit oui.

  Être capable d’entrer dans la rencontre des autres, de les écouter, et de voir là où se révèle dans leur existence la présence du Christ, être capable dans la rencontre des autres de percevoir la présence du Christ, de la montrer, de la dire, de la révéler, voilà le chemin que tu suis, en raison de la promesse que Jésus t’a faite de ne pas oublier ta réponse, de se prononcer pour toi devant le Seigneur et devant les autres si toi, tu te prononces pour lui devant le Seigneur et devant les autres. Cette promesse, elle t’a engagé sur ce chemin et tu as désiré l’approfondir par l’étude, pendant ces années de séminaire, l’étude de l’Ecriture pour qu’elle devienne la parole de Dieu dans ta vie, et dans la vie des autres, l’étude de la théologie que tu aimes ; par le stage pastoral à Roubaix, à Grande-Synthe que tu as accompli jusqu’à présent et dans lequel tu t’es habitué peu à peu à découvrir cette présence du Seigneur dans la vie de notre monde, dans la rencontre des personnes, qui sont à côté de toi, et qui viennent te demander service, aide et écoute ; dans la prière et l’oraison à laquelle tu te consacres beaucoup ; dans la vie sacramentelle, pour toi, et pour les autres, et depuis que tu es diacre tu peux la faire vivre à d’autres, dans le baptême, dans le mariage, et à partir de cette ordination de prêtre tu vas pouvoir continuer, développer cette façon de présenter la présence du Seigneur à chacun.  Aujourd’hui dans le ministère qui t’est confié, qui va t’être confié, tu vas pouvoir approfondir cela encore de jour en jour et te prononcer pour le Seigneur devant les hommes. Alors tu peux te dire à toi-même : « Damien, n’aie pas peur, Damien tu n’as pas besoin de craindre, ni les hommes, ni les situations d’obstacle que tu rencontreras, parce que la promesse du Seigneur s’accomplira pour toi et que d’autres autour de toi en bénéficieront. C’est le ministère de l’Eglise, c’est le ministère de l’annonce que nous cherchons à vivre les uns et les autres, au service du peuple de Dieu qui se constitue, au service de tous ceux que Dieu choisit parce qu’il les aime. Damien, n’aie pas peur, et vous tous avec lui, n’ayez pas peur !"

 


12ème dimanche ordinaire, 25 juin 2017

Ordination sacerdotale de Damien BINDAULT

LITURGIE DE LA PAROLE

1ère lecture du prophète Jérémie, 20,10-13
   Moi Jérémie,    j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire... Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! »    Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable.    Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause.    Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants.

Psaume 68, Dans ton grand amour, Dieu réponds-moi !

2ème lecture de la lettre de saint Paul aux Romains, 5, 12-15
Frères,    nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.    Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi.    Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.    Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, 10, 26-33
   En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres :    « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.    Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.    Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.    Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.    Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.    Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.    Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est au ciel.

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