Cold War

  • Mise en ligne : 13/11/2018
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Cinq ans après son très remarqué Ida, Pawel Pawlikowski réitère dans le noir et blanc sublime (mais dont il ne fait pas un choix définitif), pour interroger à distance l’idylle mouvementée qu’ont vécue ses parents.

 

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Date de sortie   24 octobre 2018
Durée                1h27
Réalisé par        Pawel PAWLIKOWSKI
Avec                  Joanna KULIG, Tomasz KOT, Agata KULESZA
Genre                Romance
Origine              Pologne, Royaume-Uni, France

 

Pendant  la  guerre  froide,  entre  la  Pologne  stalinienne  et  le  Paris  bohème  des  années  1950,  Wiktor,  un musicien épris de liberté, et Zula, une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible.

 

 

 

15968_2 15968_2  © lille.catholique.fr

 

Cinq ans après son très remarqué Ida, Pawel PAWLIKOWSKI réitère dans le noir et blanc sublime (mais dont il ne fait pas un choix définitif), pour interroger à distance l’idylle mouvementée qu’ont vécue ses parents. La guerre froide, c’est évidemment le contexte des tableaux qui se succèdent au fil des époques. Une Pologne qui se relève de la guerre, mais demeure courbée sous le poids d’une idéologie totalitaire s’imposant jusque dans les arts. Un Berlin non encore muré où Wiktor choisit la liberté – mais pas Zula. Une Yougoslavie indépendante mais néanmoins complice. Un Paris libre, mais où bizarrement, l’on se sent obligé de réitérer les graissages de patte de rigueur sous les apparatchiks corrompus.

La guerre froide, c’est peut-être aussi la relation tourmentée des deux amants, à la fascination mutuelle mais dont les ambitions divergent. L’un préfère la liberté à la reconnaissance nationale ; l’autre s’accommode des arrangements nécessaires avec l’appareil d’État, dès lors qu’elle jouit de stabilité et de protections. Mais leur irréductible passion réciproque les propulsera en une trajectoire parabolique vers les plaisirs des nuits parisiennes et une très brève notoriété, avant qu’ils ne retournent à la terre natale, par nostalgie ou par sacrifice, dans la médiocrité ou la détention. Une parabole qui pourrait aussi bien être une ellipse, démarrée et conclue dans les ruines d’une église, où subsiste le secret espoir d’un amour qui triomphe de tout.

Si la romance peu dialoguée n’a pas grand-chose de franchement original, le cadre musical nous offre sur quasiment chaque tableau un régal pour les yeux comme pour les oreilles : tant les danses folkloriques reprises de l’ensemble Mazowsze, fondé après-guerre et toujours en activité, que le blues langoureux dans le club parisien – jusqu’à l’ode au petit père des peuples à grosses moustaches qui arrive à nous charmer. Le prix de la mise en scène décroché cette année à Cannes n’est certes pas immérité, mais soyons clairs : de l’ensemble, on retient surtout la bande-son !

Christophe Aelbrecht

 

 

 

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Wiktor, pianiste et chef d’orchestre, recrute des élèves pour une future école de musique et de danse. Cette école s'inscrit dans un programme de développement rural au sein de la Pologne communiste. La jeune et belle Zula qui n'a connu que misère et violence postule comme élève. Ils vont s’aimer d’un amour fou, fulgurant.

Lorsque Wiktor décide de fuir la Pologne communiste pour Paris, Zula n’est pas au rendez-vous. Dès lors ils n’ont de cesse de se chercher, de s'attendre, de se retrouver. Nous suivons leurs pérégrinations, leur recherche de liberté et leur désir de s'aimer. Nous passons plusieurs fois les frontières et acceptons les compromissions.

Le réalisateur, nous plonge dans ce rapport Est-Ouest si particulier d'après guerre, dans la vie polonaise rythmée de fêtes et de célébrations à la gloire de Staline et dans le milieu artistique parisien. Nous retrouvons le noir et blanc à la fois esthétique, dramatique et intense si cher à Pawel Pawlikowski (cf.son précédent film Ida)

Mais nous sommes surtout touchés par leurs efforts à vivre leur amour, là ou l'un se déploie et l'autre s'abîme, là ou l'un vole et l'autre coule...
La question ici est de savoir où l’on habite ? Jusqu’où faudra-t-il aller pour qu’enfin ils se retrouvent vraiment ?

Diane Falque

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