Messe de rentrée des étudiants et jeunes professionnels en 2016

  • Mise en ligne : 12/10/2016
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Homélie de Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille

Cathédrale Notre-Dame de la Treille
12 octobre 2016, 28ème semaine du temps ordinaire

 

  Voilà, ce docteur de la Loi, il a perdu une occasion de se taire, évidemment ! Il aurait mieux fait de ne rien dire, Jésus l’a repris un peu violemment … Mais en fait il faut être bien attentif à cela, cette façon de Jésus de parler : « Malheur à vous ! Malheureux êtes-vous… »  c’est plutôt comme une indication du genre : « Comme c’est vraiment dommage que vous soyez injustes, vaniteux, et dominateurs, comme c’est vraiment dommage, comme j’aimerais que vous ne soyez pas comme ça ! Comme ce serait plus beau si vous agissiez en fidélité à la Loi, mais sans chercher à être comme ça, à vous montrer, comme si vous gardiez l’humilité, la simplicité du cœur qui cherche tout simplement à vivre selon la miséricorde de Dieu. »

  D’une certaine façon l’apôtre Paul commente la même chose quand il dit : « Comme je voudrais que vous ne soyez pas marqués par cet esprit du monde » - le pape François, il dit : « la mondanité » et saint Paul, il dit : « la chair » -  C’est l’esprit du monde dans lequel il y a de la violence, des haines, de la division, de la débauche, du sectarisme, et j’en passe… «  Comme je voudrais que vous ne soyez pas comme cela » dit l’apôtre. « Comme je voudrais au contraire que vous soyez marqués par l’Esprit ! Que vous soyez sous la gouverne de l’Esprit ! Que vous produisiez les fruits de l’Esprit, amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité (ou : foi), humilité, et maîtrise de soi ». Si vous recevez un jour, parce que vous m’avez écrit pour me demander la confirmation, vous recevrez une petite carte en réponse dans laquelle cette petite phrase se trouve, le fruit de l’Esprit c’est ça. « Comme je voudrais que vous viviez comme cela ! » dit le Seigneur. « Comme je voudrais que vous viviez comme cela ! » dit l’apôtre. « Comme je voudrais que vous viviez comme cela !» dit le pasteur. Le pape vous a dit ça, on vous l’a dit aux JMJ. Il  nous a invités - et une jeune qui était aux JMJ a résumé cela, une du diocèse, je l’ai lu, elle est peut-être parmi nous - elle a dit : « chaussez vos baskets, c’est ça que le pape a dit, chaussez vos baskets et ne mettez pas votre foi à la retraite ! « Ne mettez pas votre foi à la retraite », vous pourriez conjuguer, décliner avec les neuf mots de la liste de saint Paul : ne mettez pas votre bonté à la retraite, ne mettez pas votre fidélité à la retraite, ne mettez pas votre joie à la retraite, ne mettez pas votre bienveillance, ne mettez pas votre maîtrise de soi à la retraite ! On a besoin de tout cela, pour vivre, dans le monde tel qu’il est.

 

  Maintenant je vous invite à saisir vraiment d’abord le monde tel qu’il est, dans ses difficultés, dans ses violences, et puis quelques instruments que nous vous proposons pour vivre.

   Le monde tel qu’il est, saisissez-le, regardez-le avec lucidité, et avec amitié, avec bienveillance, même s’il est dur, même s’il est violent. Ça n’est pas nouveau. J’aime bien citer cette phrase de sainte Thérèse d’Avila, au XVIème siècle. Elle disait : « Le monde est en feu, ça n’est pas le moment d’entretenir Dieu avec des affaires de peu d’importance. » Quand on s’adresse à Dieu on a des choses importantes à lui dire sur l’état de ce monde.

   Vous avez été marqués, pendant l’été et pendant les JMJ tout spécialement, par les violences qui ont frappé la France, par l’assassinat du Père Hamel. Vous avez été frappés aussi par le témoignage qu’il a donné. Nous avons été frappés par le témoignage qu’il a permis à l’Eglise de donner, un témoignage de bienveillance, un témoignage d’apaisement, un témoignage de confiance absolue dans le Seigneur, malgré la dureté des temps. Et Monseigneur Lebrun il y a quelques semaines, l’archevêque de Rouen, a dit : « On me pousse à demander la béatification du Père Hamel. Je voudrais que la grâce d’une telle béatification possible ne soit pas comme une bannière levée pour condamner, mais qu’elle soit une action de grâce pour le don de sa vie ». Et voilà comment dans un monde de violence nous pouvions être des acteurs de paix. Nous pouvons prendre les choses au sérieux, et dans la France d’aujourd’hui qui se prépare à une époque électorale il y a bien du travail à faire pour que l’esprit de la paix et le désir du bien commun dominent dans la vie sociale.

    Alors ça fait partie des moyens que je vous dis : il y a dans l’Eglise une doctrine sociale. Ça n’est pas une théorie politique de droite ou de gauche. Ce sont des façons de se comporter, des invitations pour une façon de se comporter dans la vie, familiale, sociale, associative, professionnelle, politique, une façon non seulement de vivre et d’indiquer une voie juste de vivre ensemble, mais aussi une façon de révéler qui est le Dieu qui nous invite à cela, et de nous souvenir que Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit, travaille sans cesse dans notre monde, dans le cœur des hommes, dans le nôtre, et qu’il nous invite à une vie remplie de justice, remplie d’amour, de paix, de patience, de joie, de bonté, de bienveillance etc…

  De justice : voilà, la doctrine sociale de l’Eglise, travaillez la ! La doctrine sociale de l’Eglise, apprenez à la connaître peu à peu. Il y a des outils pour cela, qui sont à votre disposition, dans vos aumôneries, dans vos équipes, on peut vous donner les clés.

  Ensuite il y a tous les appels qui sont faits dans la vie des aumôneries, à essayer de percevoir ce qui pourrait être le cœur de votre vie, un discernement pour découvrir quel est le chemin. La vie est une succession d’appels, et une vie peut être réponse à un appel, que ce soit dans le mariage ou la vie religieuse, dans le sacerdoce, le ministère de prêtre ou de diacre… Il y a là des appels. Il y a des appels à pouvoir discerner. Il s’agit de se laisser accompagner, il s’agit peut-être aussi d’inviter quelques autres autour de nous à chercher le chemin, à chercher la grandeur de ce qu’ils ont à vivre, et cela, vous pouvez le faire dans les équipes diverses qui composent vos aumôneries et qui vous sont proposées tout au long de cette année. Cherchez le chemin ! Cherchez la voie, répondez peut-être à l’appel de votre vie comme à une vocation qui vient du Seigneur. Le choix que vous ferez n’est pas simplement un choix personnel de convenance, cela peut être vraiment si vous le prenez au sérieux la réponse à un appel qui vient de Dieu. Le saint Père vient d’annoncer que le prochain synode des évêques à Rome en 2018 serait consacré à l’accompagnement, au discernement de l’appel des vocations et à la pastorale des jeunes. C’est un beau signe qui nous est donné.

  Et enfin troisièmement, dans les appels multiples qui vous sont adressés, les moyens qui vous sont offerts pour cheminer dans la foi, il y a certainement à entendre, pour quelques uns ou beaucoup d’entre vous, l’appel à être confirmés, à recevoir le sacrement de confirmation, parce qu’il est justement cet instrument que le Seigneur nous donne pour nous combler de sa force, et pour nous redire à travers nos existences, les vôtres, les nôtres, - j’ai été confirmé, moi aussi un jour, même si je suis le ministre de la confirmation, j’ai été confirmé ! – eh bien Il vous donne à travers ce sacrement qui vous sera proposé au cours de cette année si vous le voulez, le signe qu’Il est là, qu’Il donne force et intelligence pour percevoir les enjeux de la vie dans laquelle vous êtes et pour donner la capacité d’affronter ces enjeux et ces défis avec toute la force de son Esprit.

Que tout cela vous soit accessible et que votre cœur Lui soit ouvert pour qu’il soit capable de produire les fruits de l’Esprit !

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