Messe des Rameaux 2015

  • Mise en ligne : 28/03/2015
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Dimanche 28 mars 2015, homélie de Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille, en la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille.

   Nous venons d’entendre le récit d’un dernier combat de Jésus, du dernier combat de Jésus contre ses adversaires. Nous le sentons monter tout au long des derniers chapitres des évangiles, mais ce combat trouve ici une conclusion provisoire, puisque les adversaires finissent par avoir raison de Jésus et le terrasser.

   Mais tout au long de ces combats que Jésus a menés et de ce dernier là, nous découvrons que Jésus jamais n’emprunte les moyens de la violence pour répondre aux violences qui lui sont faites. Il pardonne, il montre le chemin, il indique toujours le chemin qui mène au Père. Et comme nous l’avons entendu dans la deuxième lecture il s’abandonne complètement, devenant homme, devenant serviteur, acceptant d’aller jusqu’à la mort par amour, ou bien comme le dit le prophète Isaïe dans la première lecture, « il met toute sa confiance en Dieu  qui le sauvera». Il ne se dérobe pas, jamais, aux situations conflictuelles dans lesquelles il est. C’est le chemin de la passion, le chemin qui refuse les moyens de la violence, le chemin qui désire toujours entrer en parole, en échange et en conversation avec tout homme. C’est le chemin de la confiance absolue en Dieu qui sauve, en Dieu qui est Père, en Dieu qui aime et conduit l’humanité, nous, nous-mêmes, dans nos vies.

 

    Comment et pour quoi combattons-nous ? Parce que nous ne pouvons pas vivre sans combattre. Pour quoi nous battons-nous ? C’était la question des conférences de carême de cette année. Pour quoi nous battons-nous et comment le faisons-nous ? Je voudrais simplement d’un mot rappeler – je sais bien que tout le monde ne pouvait pas participer à toutes ces conférences de carême – mais je voudrais rappeler le chemin…

   Nous nous battons d’abord pour une solidarité qui – c’était la deuxième conférence – une solidarité qui dépasse nos simples intérêts, nos petits intérêts, les limites, les frontières de nos familles, de nos groupes humains, de nos pays, une solidarité avec tous.

  Nous nous battons aussi pour le respect de la vie, le respect de la vie principalement du côté de sa fin, parce que nous savons que la dignité de l’homme ne tient pas au confort et au bien-être de son existence, mais au seul fait qu’il vit. La vie est le motif essentiel, la raison essentielle pour laquelle nous aimons et nous savons que tout homme est digne.

   Nous nous battons aussi pour les familles. Les familles, nous savons qu’elles ont tellement besoin dans le monde d’aujourd’hui d’être soutenues et accompagnées. Tellement de situations que vous connaissez bien, compliquées, difficiles à vivre, parfois douloureuses.

   Nous nous battons pour la paix. Nous savons que la paix n’est pas une illusion. Nous savons que la paix, elle se construit jour après jour. Nous savons que la paix, elle est en marche dans les cœurs pour être en marche dans l’humanité. Elle n’est jamais acquise, elle n’est jamais certaine, elle est toujours dans le chemin des hommes qui veulent grandir.

  Nous nous battons – et Monseigneur Teissier qui est là à mes côtés, ancien archevêque d’Alger viendra nous le dire cet après-midi – pour le dialogue entre les religions. C’est le seul chemin pour que la violence ne domine pas les relations entre les hommes, pour que les groupes humains ne se croient pas autorisés à s’attaquer mutuellement pour les convictions qu’ils ont.

    Et comme nous l’a dit le Père Podvin dans la première conférence, nous nous battons à l’intérieur de nous-mêmes, pour recevoir de Jésus la vraie liberté qui fait grandir. C’est lui qui nous donne la paix ! Qu’il nous entraîne tout au long de cette semaine, qu’il nous permette de grandir avec lui, qu’il nous permette de prendre conscience des combats que nous avons à mener et du fait que nous ne pouvons les mener que dans la vraie liberté qu’il donne et dans la paix qu’il désire construire avec nous.