Lourdes, assemblée des évêques de France

  • Mise en ligne : 10/11/2018
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Homélie de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, mercredi 7 novembre 2018, 31ème semaine.

Il y a comme un choix dramatique qui s’impose, en ce tournant de l’évangile de Luc. C’est comme si Jésus ne voulait pas aller plus loin vers Jérusalem sans avoir averti, une bonne fois avant la dernière annonce de sa Passion, tous ceux qui le suivent. Il est encore temps de s’arrêter sur le chemin, de ne pas aller plus loin avec Lui : c’est un appel et une mise en garde.

La ressource nécessaire pour continuer c’est d’accepter de ne pas être capable par soi-même d’accomplir son propre sauvetage, son propre salut. La ressource c’est de savoir compter sur Jésus, comme Lui-même compte de façon éperdue sur son Père.

Prendre sa croix, chacun sa propre croix, c’est évidemment ne pas choisir comment on se donnera, c’est accueillir les événements, les lassitudes, les insuffisances personnelles, les contraintes imposées à travers lesquelles on laissera s’exprimer l’amour du Seigneur, la sereine confiance en Lui, le dépouillement des illusions, et le don de soi de plus en plus consenti et achevé. Seul l’amour du Seigneur à notre égard est capable de le faire en nous ; seule sa volonté de nous amener jusqu’à Lui le fera pour nous et en nous.

C’est bien ainsi que Paul l’a vécu. À travers les inconforts, les épreuves, les souffrances de son ministère, il n’a cessé d’être tendu vers l’avant par le don de lui-même. Il se sent en même temps retenu, cloué au sol par ses faiblesses dont il est si conscient.

Et il encourage les Philippiens qu’il aime tant à ne pas s’arrêter, mais au contraire à s’offrir, à se donner librement et de bon cœur : « C’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action. »

Il encourage les chrétiens, et il attend que leur courage le stimule aussi. Comme il sait que ceux-ci trouvent en lui un modèle d’énergie et d’abandon.

Ainsi en est-il de nous dans les épreuves de la vie et de la foi, les épreuves personnelles comme les tourmentes collectives, le combat intérieur de la fidélité comme la mission de l’annonce de l’évangile.

La vérité qui se fait jour peu à peu, la lucidité qui se fraie douloureusement un passage nous conduit à l’humilité du Christ, dont il était question dans le passage, lu hier, de la même lettre.

C’est l’exercice de la confiance de plus en plus forte en Celui qui nous sauve et nous appelle au don de nous-mêmes, au service désintéressé de l’évangile et des frères.

Que la joie promise, celle du Christ, celle de Paul, celle des Philippiens nous soit, au milieu de tout ce que nous vivons, donnée elle aussi.

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