Jour de Pâques 2012

  • Mise en ligne : 08/04/2012
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Dimanche 8 avril 2012, homélie de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, en la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille.

"Homélie  de Mgr Laurent  Ulrich  à la Cathédrale Notre-Dame de la Treille

Entrera, entrera pas ? C'est la question du jour… Vous avez vu, Marie-Madeleine, elle court au tombeau, elle voit que la pierre est roulée, elle ne semble pas entrer, et elle retourne vite prévenir les apôtres. Pierre arrive, se penche, mais n'entre pas. Quant à l'autre disciple, dont on ne dit pas le nom, laissant la possibilité que ce soit chacun d'entre nous, cet autre disciple entre. « Il voit et il croit ». C'est en entrant dans le tombeau, en constatant qu'il est vide et en entrant dans la relation avec son Seigneur qu'il aime et qui l'aime, qu'il comprend qu'il fallait, selon les Ecritures, que le Christ ressuscite des morts. Il lui fallait entrer pour être retourné, et pour comprendre ce qui était dans l'Ecriture.

Certes, dans l'Ecriture, c'est-à-dire dans l'Ecriture d'avant l'Evangile, ça n'était pas écrit en toutes lettres que le Christ devait ressusciter. C'était pressenti à travers toute l'histoire de la première alliance, l'Ancien testament. Nous n'avons ce matin comme texte de l'ancienne alliance que le psaume 117 que nous avons chanté et qui résume cette foi du peuple d'Israël : L'amour du Seigneur est éternel, le bras du Seigneur est fort, et non, je ne mourrai pas, et je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur. Voilà le résumé de la foi du peuple d'Israël. Dieu n'aime pas la mort, Dieu n'aime pas les échecs. Dieu ne se résout pas au refus de croire et d'aimer, voilà ce que comprennent l'apôtre, les disciples, le disciple que Jésus aimait, c'est-à-dire chacun d'ente nous. Il faut évidemment comprendre que la résurrection de Jésus est le signe définitif de cette foi-là. La résurrection de Jésus est le signe éclatant de ce qu'attendait le peuple d'Israël depuis toujours et qui a mis des siècles à comprendre cela de telle sorte qu'à l'annonce de la résurrection de Jésus, pour certains croyants cela était devenu possible, compréhensible, croyable. Le chemin qu'a fait le peuple d'Israël le conduit à accepter cette possibilité que Dieu ne se résolvant jamais aux échecs de l'espérance, aux refus de croire et d'aimer ni à la mort, Dieu est capable de redonner la vie !

Entrera, entrera pas ? La question se pose alors de nouveau pour tous ceux qui viennent après les premiers disciples. Cela commence par Pierre. Il va entrer… Il va entrer chez le centurion de l'armée romaine. Oh, Pierre, ça n'a pas été facile pour lui de faire cette conversion. Il lui a fallu le témoignage des femmes, de Marie-Madeleine, celui dont nous avons entendu quelque chose dans cette séquence ; Dis-nous, Marie, qu'as-tu vu ? J'ai vu le sépulcre du Christ vivant !' Il a fallu ce témoignage, il a fallu le frère qui lui ouvre les yeux, il a fallu qu'il soit appelé ! Il avait été appelé par le centurion Corneille. Le centurion Corneille était certainement un homme droit et juste, mais ce n'était pas un croyant selon le peuple d'Israël, c'était un païen, c'était quelqu'un chez qui un croyant fidèle, un confessant de la foi, n'entrait pas, sous peine d'être exclu du peuple, sous peine d'être mal vu. On ne se mélangeait pas avec les non-croyants, on ne se mélangeait pas avec le peuple des autres, ceux qui ne respectent pas le Dieu d'Israël, et encore moins, on n'entre pas chez l'occupant. Mais voilà que Pierre, dans les versets qui précèdent notre récit des Actes des Apôtres, a une vision. C'est-à-dire que Pierre est en prière, Pierre se tourne vers le Seigneur, et le Seigneur lui fait comprendre qu'il faut répondre à l'appel de celui qui demande le témoignage. Il faut aller chez celui qui dit : J'ai entendu parler de ce Jésus et de ceux qui croient en lui, j'ai envie d'en savoir plus, je voudrais lui donner mon amitié et ma confiance, moi aussi'. Et Pierre entend cette invitation à dépasser les frontières de sa propre foi et de son propre peuple de croyants, à aller au-delà des limites que sa religion lui avait imposées pour aller à la rencontre de ceux qui cherchent, de ceux qui demandent, de ceux qui désirent, de ceux qui appellent. Et c'est un chemin qui va être suivi par les croyants au long des siècles, depuis plus de vingt siècles. Il y a ainsi des hommes et des femmes qui ont été retournés par le Christ en entrant avec lui jusqu'au don de leur vie, jusqu'au don de sa vie à lui, en entrant jusqu'au tombeau et en se laissant toucher par la parole qui retourne.

Frères et sœurs, en ce temps de Pâques, il nous faut à chacun de nous demander au Seigneur qu'il réactive en nous la foi communicative, la foi qui désire se faire conversation avec les autres, la foi qui est capable de rendre compte de ce qu'elle permet de vivre, la foi qui est au cœur de chacune de nos vies, et qui est capable de leur donner force, vigueur et grande humanité.

Frères et sœurs pour entrer, que faut-il faire ? Il faut faire ce que les croyants ont toujours fait, que le Seigneur nous a enseigné, que les premiers disciples ont vécu : il faut écouter la Parole de Dieu et prier avec la Parole de Dieu. Il faut entrer dans la connaissance du Christ par l'Ecriture, et méditer l'Ecriture, l'aimer, la prier avec les autres, la rendre familière à nos cœurs, à nos oreilles, à nos vies.
Que faut-il faire encore ? Bien sûr, il faut faire ce que vous avez fait tout à l'heure, il faut entrer dans l'église, vivre avec les autres dans l'Eglise, accueillir la vie de l'Eglise comme un don que Dieu nous fait, penser que la vie de l'Eglise n'est pas simplement la vie d'un groupe, d'une association, d'une institution, mais qu'elle est le mystère de Dieu qui se donne aux autres. Il nous faut donc vivre dans l'Eglise, vivre des sacrements, vivre de la prière commune, vivre de l'échange que nous vivons les uns avec les autres, et il nous faut accueillir les demandes de nos frères et de nos sœurs qui cherchent le sens et la voie. Il nous faut accueillir la demande de ceux qui appellent. Voilà comment nous entrons dans le mystère du Christ. Voilà comment nous rendons notre foi communicative et joyeuse !

+ Mgr Laurent ULRICH


Jour de Pâques, 8 avril 2012
LITURGIE DE LA PAROLE



1ère lecture des Actes de s Apôtres, 10, 34a.37-43
Quand Pierre arriva de Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour. Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts. C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »

Psaume 117, « Rendez grâces au seigneur, il est bon !... »

2ème lecture de la lettre de saint Paul aux Colossiens, 3, 1-4
Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.


Séquence Victimae pascali »

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean, 20, 1-9
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts."

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