Foi et travail

  • Mise en ligne : 17/07/2017
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Comment vivre sa foi au travail ?

Rencontre avec Hervé Allard, dirigeant de l’entreprise familiale Trénois-Decamps depuis 1992.

Être un entrepreneur chrétien, qu’est-ce que cela signifie ?
Hervé Allard. Je me sens profondément entrepreneur dans l’âme, intimement relié au tissu d’entreprises familiales du Nord. Je mesure la chance de vivre dans cette région culturellement proche de la Doctrine sociale de l’Église et dont les responsables d’entreprises aiment échanger et partager leurs expériences.

Partager nos convictions permet de créer de la dynamique et de la fertilité entre nos organisations. J’ai besoin des autres et de la prière pour me ressourcer. Je fus pendant vingt ans membre d’un groupe Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) et d’un groupe de l’Action catholique des milieux indépendants (ACI), des lieux de confiance et d’échanges en vérité. Cela m’a aidé dans ma dimension de chrétien pour essayer de vivre en cohérence les exigences de l’entreprise et les valeurs de l’Évangile.

"Je me définis comme un combattant des certitudes."

Comment votre foi éclaire-t-elle votre manière de diriger ?
Je me sens proche de l’Évangile, dans une recherche permanente, jamais aboutie… La lecture de la vie des saints me nourrit énormément. Cela rassure de voir leurs tâtonnements ! Je me définis comme un combattant des certitudes. J’aime me remettre en  cause et confronter mes idées à celles des autres. Un chrétien engagé doit être conduit selon moi par une grande humilité et savoir  se laisser bousculer. Je connais des passages dans le désert et tente d’apprendre de mes épreuves et échecs.

Comment trouver le juste équilibre entre exigence et bienveillance ?
Si, pour le bien commun de l’entreprise, il nous arrive de devoir nous séparer de quelqu’un, nous essayons de le faire dans le respect de la personne, sans la « casser ». J’ai eu affaire récemment avec un responsable qui n’était plus à la hauteur des compétences exigées, la taille de l’entreprise croissant rapidement. Je lui ai proposé, plutôt que de partir, de rester à un poste inférieur où il pourrait pleinement s’épanouir ; il a choisi de rester. Ma volonté est que les salariés trouvent du sens à leur vie professionnelle.

Comment le fait d’être dirigeant éclaire-t-il votre foi ?
Je prends conscience des responsabilités que j’endosse en tant que dirigeant. Comme leader, je dois d’autant plus faire preuve d’exemplarité, grandir avec les équipes et les aider à grandir à la mesure de leurs talents. Pour cela, il faut très bien connaître les personnes et avoir le charisme nécessaire pour leur donner confiance.

Quelles évolutions pour l’entreprise demain ?
Je ne crois plus à l’organisation pyramidale. Les dirigeants doivent être des « animateurs de réseaux ». C’est cette prise en compte de la dimension humaine qui est cofructueuse pour l’homme et pour l’entreprise. Beau défi !

Propos recueillis pour la revue Église de Lille en février 2016

 

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