Festival "Paradise in the city" à Lodz - JMJ 2016

  • Mise en ligne : 27/07/2016
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Homélie de Mgr Laurent Ulrich, Archevêque de Lille

Fête de St Jacques lundi 25 juillet 2016
à Lodz JMJ - départ vers Cracovie

Évidemment, les mères de famille n'apprécieront peut-être pas cette image que St Matthieu renvoie d'elles dans ce passage ! En voici une qui est très préoccupée de la carrière, y compris dans la vie éternelle, de ses deux fils, Jacques et Jean. L'un à droite, l'autre à gauche du Fils du roi … C'est peut-être bien normal de vouloir le meilleur pour ses enfants, et pourquoi pas le meilleur succès social ! Je crois que ce moule-là n'est pas cassé, et les parents continuent d'espérer la réussite de leurs fils et de leurs filles. Il n'y a pas de jugement mauvais contre les parents, mis une invitation à un autre regard. D'autant plus qu'il y a, dans la société actuelle, un stress excessif à ce sujet : il faut vraiment être au premier rang, dans la meilleure école, avec les profs les plus en vue. Que des numéros 1 !

Pourquoi donc ce stress supplémentaire, aujourd'hui ? Parce qu'on a mis en sourdine deux choses : la première, c'est la vie éternelle. On vit de plus en plus comme si la vie terrestre était le seul référent, le seul horizon. Alors il faut se dépêcher, il faut tout accumuler les expériences, les modes de vie, les comparaisons entre les cultures : il faut vivre plusieurs vies. La vie est plus longue aujourd'hui, mais malheureusement elle peut être brisée trop tôt par un accident, une maladie, un attentat. Elle est bien vraie cette remarque d'un historien du Moyen-Âge que j'ai une fois saisie au vol dans un colloque universitaire : "en réalité, autrefois la vie était plus longue qu'aujourd'hui : sur terre, elle n'excédait pas 40 ou 50 ans, en effet ; mais ensuite on avait toute l'éternité !"  

Et la chance que Dieu nous donne c'est que la vie éternelle, ce n'est pas seulement pour après ! Elle est déjà commencée maintenant, et c'est une autre façon d'accueillir la vie ...

Avec la seconde chose qu'on veut oublier, qui est qu'on est tous fragiles. On se croit capables de tout, on est toujours dans la démesure des chiffres, des concours, des performances. Mais c'est sans compter sur les défaillances, les burn-out, les erreurs de discernement qui obligent à changer de voie, etc. Se savoir fragile, ce n'est pas être looser ! Mais simplement lucide. Et cela dispose à vivre dans la confiance que c'est l'amour du Seigneur qui guide notre existence et la garde. L'apôtre Paul dit cela merveilleusement : nous portons dans des vases d'argile un trésor. Les vases d'argile, c'est notre fragilité. Le trésor, c'est l'amour qui nous fait vivre, qui nous traverse, qui nous porte. Dire à quelqu'un : tu es aimé, c'est lui révéler qu'il n'est pas tout seul dans la vie. Entendre pour soi : tu es aimé, c'est un formidable encouragement qui permet de ne pas s'inquiéter sur ce qu'on va devenir. C'est une libération pour être capable de se donner tout entier.

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