Confirmations des jeunes de Marcq-Institution 2017

  • Mise en ligne : 03/06/2017
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Homélie de Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille

Samedi 3 juin 2017
fête de Pentecôte

Cathédrale Notre-Dame de la Treille

  Voilà, en trois lectures nous allons du début de l’histoire, de la genèse, non pas tout à fait la création,  jusqu’au terme, le don de l’Esprit Saint qui nous entraîne vers la réalisation de la promesse de Dieu et jusque dans son royaume où nous espérons être introduits.

  Le récit de Babel dans le livre de la Genèse est toujours quelque chose d’impressionnant : Vous avez entendu : « Les hommes disent, allez, faisons des briques - ça c’est très bien, on va construire ; bâtissons-nous une ville – ça, c’est pas mal,  vivons ensemble; construisons une tour dont le sommet sera dans les cieux – ah, là ça commence à se compliquer, comme s’il y avait une espèce de rivalité entre les hommes et Dieu, il faut atteindre la puissance de Dieu … et s’enfermer sur elle-même : « faisons-nous un nom » - ah ! le désir de domination, le désir d’être quelqu’un, le désir de la possession de toutes choses, le désir d’être vraiment reconnu, et là, en opposition avec Dieu. Alors cette volonté de puissance, cette volonté de domination, eh bien elle ne passe pas, les hommes s’embrouillent, les hommes finissent par ne plus s’entendre parce qu’ils ont refusé le lien avec Celui qui fait tout.

   Au contraire le psaume – vous l’avez entendu ! – il dit : « Quelle profusion tes œuvres, Seigneur, tout cela c’est ta sagesse qui l’a fait ». Ça c’est magnifique, c’est une attitude de confiance, il n’y a pas de répulsion devant la nature, ni devant la ville des hommes, - on désire toujours construire la ville des hommes – mais il y a quelque chose d’autre, la reconnaissance que tout cela, ça n’est pas nous qui le faisons, mais Dieu qui le veut. Dieu qui aime la vie, Dieu qui aime la vie des hommes ensemble, Dieu qui aime leur donner un cadre dans lequel ils vont vivre heureux. C’est une tout autre attitude, l’attitude de la confiance, l’attitude de la prière, l’attitude de la reconnaissance au Seigneur : « C’est Toi, Dieu, qui as fait tout cela » Y compris, pas simplement au début, la vie d’aujourd’hui, la ville dans laquelle je suis, c’est-à-dire la société à laquelle je participe, à laquelle j’ai envie de contribuer, la « maison commune » comme dit le pape François, dans laquelle je vis, dans laquelle nous vivons, nous la reconnaissons comme un don de Toi et ce désir de vivre nous le recevons de Toi en rendant grâces.

  Mais il est vrai que ce n’est pas toujours facile. Et c’est la deuxième lecture que nous avons entendue, tirée de saint Paul aux Romains, qui dit : « la création tout entière gémit, et nous aussi nous gémissons dans l’attente que tout cela soit enfin réalisé ». Parce que la vie est difficile, parce que la vie est remplie de combats, parce que la vie est souffrante aussi, parce qu’elle est en train d’émerger, la vie, tout n’est pas fait, les combats ne sont pas achevés… et dans un certain  nombre de vos lettres j’ai lu cela, les difficultés, pour certains liées à la santé – les difficultés de la santé, la sienne, et celle de ceux qu’on aime - , les difficultés de l’entente mutuelle, fraternelle, familiale, c’est parfois difficile, cela aussi… On construit, on ne s’entend pas toujours, on est tenté par l’esprit de domination, par l’esprit d’appropriation, par la jalousie, tout cela rend la vie difficile, mais nous construisons avec cela ! Nous le savons ! Nous savons que tout cela ne se termine pas sur rien, nous savons que tout cela peut être converti, tout cela peut être transformé. Et ce petit mot de l’espérance qui dans cette partie de la lettre de saint Paul aux Romains nous alerte c’est : « Nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint »…

    Nous avons commencé ! il nous a été donné. Vous avez dit tout à l’heure, Monsieur Le Diagon, que dans la préparation ils se sont intéressés, les jeunes, à ce qui faisait leur être de baptisés. Et c’est important, l’être de baptisé c’est un être qui n’est pas tout à fait fini. Il a déjà reçu quelque chose de l’Esprit Saint, et il grandit avec, et il sait que ce n’est pas simple. Et il sait que pour grandir avec, avec le Seigneur, avec les autres, dans la ville que Dieu construit avec nous, dans la « maison commune » qu’il met à notre disposition, il faut être accompagné de la Parole de Dieu, de l’amitié des autres, de l’eucharistie dans laquelle le Seigneur nous accompagne, jour après jour et nous révèle sa présence, dans le sacrement de la réconciliation – vous l’avez vécu au cours du dernier week end, et vous en avez été pour beaucoup, je le sais, marqués et renouvelés intérieurement – tout cela pour vous faire déjà bénéficier du don de l’Esprit Saint.

    Pourquoi saint Paul dit qu’il n’est pas achevé ce don de l’Esprit Saint, que nous avons commencé de recevoir ? Mais parce que nous avons toute la vie pour entendre, comprendre, et accueillir ce don extraordinaire de Dieu dans nos vies. Ce n’est pas simplement un paquet que je vais vous donner tout à l’heure, c’est une promesse qui va se réaliser chaque jour. L’Esprit est fait pour vous habiter, je le dis à vous les confirmands, je le dis à vous les baptisés qui êtes dans cette église, les confirmés qui êtes dans cette église, je le dis à vous qui peut-être n’avez été ni baptisés ni confirmés dans cette église, vous avez aussi commencé à recevoir l’Esprit Saint. Vous pouvez continuer, vous pouvez vous dire que Dieu est avec vous et vous fait cheminer, qu’Il vous proposera peut-être un jour d’être baptisé et confirmé, mais déjà l’Esprit éveille en vous le désir, le désir d’une humanité belle, comme Dieu la veut, d’une humanité qui se construit avec lui.

   Des fleuves d’eau vive jaillissent de son sein, dit l’évangile, et c’est la promesse, l’Esprit Saint n’avait pas encore été donné parce que Jésus n’était pas encore passé par la mort et la résurrection. Maintenant que nous avons célébré Pâques, nous pouvons accueillir le don de l’Esprit Saint qui est en nous comme un défenseur, comme un accompagnateur, comme une force, comme une intelligence, comme une persévérance, comme un amour, comme une volonté, qui nous aide jour après jour dans les combats de la vie, dans les difficultés que nous rencontrons, dans les succès que nous enregistrons à nous tourner vers le Seigneur et à nous dire : « Je ne construis pas le monde tout seul, je ne construis pas le monde en ignorance de Dieu, mais je le reçois, c’est un bonheur qui m’est fait, c’est un honneur qui m’est donné de participer au don que Dieu m’a fait, au don que Dieu nous a fait ». C’est un bonheur et un honneur. Nous pouvons désirer… Il y a en vous, dit l’évangile, une soif, une soif de ressembler à un homme, - un homme, une femme – accompli. Il y a en vous une soif de devenir un homme, une femme à l’image du Christ. Il y a en vous, en nous, le désir de devenir des enfants de Dieu pleinement accomplis, capables à la fois de la joie, du bonheur, de la responsabilité d’être hommes et femmes et de la reconnaissance à Dieu qui a fait tout cela dans sa sagesse pour nous. Accueillons le don de Dieu, accueillons la merveille du Seigneur qui vit au milieu de nous et qui nous donne son énergie pour transformer avec Lui le monde qu’Il désire si beau.

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