Après les décisions de Lourdes

décembre 2021

Après les décisions de Lourdes

Beaucoup demandent si la semaine d’assemblée des évêques n’a pas été trop difficile ; j’y ai vécu une suite de moments de désolation devant l’ampleur du mal commis et de consolation (pour parler comme St Ignace de Loyola) en raison de la vérité des dialogues entre nous évêques – des dialogues rudes et profonds – et des transformations intérieures que l’Esprit Saint nous permettait de vivre. C’est la fraternité expérimentée entre nous et avec nos invités qui rouvre l’horizon et permet de croire que notre Église sera plus sûre pour tous.

Reconnaître que ces actes terribles ont été commis par des membres de l’Église, et que les façons de vivre en Église ont permis qu’ils demeurent cachés ; assumer ces responsabilités pour que ne soient pas entretenues plus longtemps les blessures ; prendre les moyens de réparer ce qui peut l’être ; mettre en place une instance indépendante pour apprécier les dommages subis – c’est-à-dire s’en remettre à d’autres qui n’exercent pas actuellement dans l’Église de responsabilité institutionnelle ; prévoir des actions de prévention et de contrôle ; demander au Pape une visite d’évaluation de l’exercice du ministère pastoral qu’il nous a confié : qui eût cru que nous aurions décidé tout cela au cours de cette semaine ?

Chacun est en droit de demander : en aurez-vous vraiment la volonté ? et les moyens financiers notamment ? Il est certain que nous n’irons pas chercher dans les dons que vous avez fait en les destinant au Denier, aux Vocations, aux maisons diocésaines, aux chantiers, aux souscriptions paroissiales, etc. : ce que vous donnez à l’Association diocésaine est fait pour la mission de l’Église.

Nous allons chercher ailleurs et autrement, nous commençons des inventaires. C’est pourquoi aussi nous avons ouvert un Fonds de dotation qui peut être alimenté par tous ceux – qu’ils soient évêques, prêtres ou diacres, laïcs ou religieux – qui se disent : c’est bien cette Église que j’aime et à laquelle j’appartiens qui a manqué de vigilance, j’en suis solidaire et j’assume une part de la responsabilité qu’elle reconnaît.

† Laurent Ulrich, Archevêque de Lille

www.fonds-selam.fr