Parole de l'archevêque

Bioéthique

Notre attention est sollicitée par la crise sanitaire et ses conséquences multiples, sa médiatisation permanente et les angoisses qu’elle génère. C’est envahissant mais nul ne voit comment son emprise pourrait s’atténuer en ce moment.

Le désir certain et compréhensible de ne pas augmenter les divisions et les fractures de notre société et peut-être la torpeur caniculaire de l’été s’ajoutent à cela pour atténuer les réactions aux évolutions législatives en cours au sujet de la bioéthique.

Depuis dix ans particulièrement, la conférence des évêques, par la voix de…

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Bioéthique

Notre attention est sollicitée par la crise sanitaire et ses conséquences multiples, sa médiatisation permanente et les angoisses qu’elle génère. C’est envahissant mais nul ne voit comment son emprise pourrait s’atténuer en ce moment.

Le désir certain et compréhensible de ne pas augmenter les divisions et les fractures de notre société et peut-être la torpeur caniculaire de l’été s’ajoutent à cela pour atténuer les réactions aux évolutions législatives en cours au sujet de la bioéthique.

Depuis dix ans particulièrement, la conférence des évêques, par la voix de Mgr d’Ornellas s’exprimant comme responsable du groupe de travail compétent, a émis des avis publics invitant au dialogue plus qu’à la confrontation sur ces sujets qui engagent l’avenir de notre société. L’heure n’est pas aux anathèmes ni aux condamnations idéologiques qui ne font avancer aucune cause. J’ai régulièrement publié ces avis ou renvoyé à la lecture des petits ouvrages accessibles que nous avons publiés. J’ai correspondu avec les députés et les sénateurs du Nord, leur ai proposé des temps d’échanges que certains ont acceptés. Nous avons organisé régulièrement des soirées-débats sur ces thèmes, dans la perspective de ces échéances législatives.

Est-ce que nous ne pouvons pas, dans nos échanges à tout niveau, partager avec d’autres personnes de bonne volonté ces enjeux qui nous paraissent propres à nourrir de vrais dialogues ?

  • La confiance éperdue de notre monde dans la technologie pour l’améliorer est en train de montrer ses limites dans l’exploitation désordonnée des ressources physiques : avons-nous bien raison de persévérer ainsi ?
  • Nous voyons que nos sociétés (le phénomène n’est pas français, mais guette progressivement le monde tout entier) sont entraînées sur la pente de la satisfaction des désirs individuels : est-ce ainsi que grandira le goût du bien commun à construire ?
  • Nous entendons la revendication d’égalité de toutes et de tous devant la capacité de procréer :  est-ce qu’on ne nourrit pas ainsi une illusion qui engendrera des insatisfactions, des frustrations plus graves que celles qui résultent simplement de la nature ? L’égalité des droits s’entend pour des situations équivalentes …
  • Les besoins financiers de toutes ces recherches biomédicales sont immenses : n’est-ce pas disproportionné eu égard à tant d’autres besoins réels pour lutter contre la pauvreté, les misères innombrables et la protection de la « maison commune » ?

Nous ne cherchons pas à gagner une bataille politique toute provisoire, mais à faire aimer une sagesse que nous croyons partageable par beaucoup.

† Laurent Ulrich, Archevêque de Lille